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      De quelques guides inspirant l'esprit de l'école de Yoga ...


Une question se pose, essentielle : comment concevoir un enseignement
qui ne serait pas conforme aux principes dont il est porteur ? 

L’enseignement dispensé à l'école de Yoga du K.R.I.Y.A. est fait de douceur et fermeté, sans imposition ni attitude magistrale, mais respect et pratique de règles pédagogiques élémentaires, comme indiquées ci-après dans la partie consacrée aux grands auteurs guidant l'action de l'école de Yoga dans l'approche humaine et pédagogique et aussi dans la partie indiquant  les moyens que s'est donnés le Responsable Technique et Pédagogique de cette école de Yoga.

La précision y est la règle, ce qui recouvre l’utilisation de la logique, de l’explication, de la prudence, du refus de la croyance naïve. 

L'esprit de l'école de Yoga du K.R.I.Y.A. dépend en premier lieu de son lien avec les grands auteurs ayant inspiré l'humanité par la richesse, la profondeur et le caractère universel de leurs enseignements ...

Pierre Bayle, 1647-1706 ...


Pour Pierre Bayle, né à Carla-Bayle en 1647, la tradition et l'autorité peuvent nous induire en erreur, on doit les considérer comme des préjugés ; par contre, le fait est tout-puissant et doit être accompagné de la variété des arguments ainsi que de la rigueur du raisonnement critique. En 1682, il exalte le libre examen critique, l'esprit scientifique, l'expérience : ... le témoignage d'un homme ne doit avoir de force qu'à proportion du degré de certitude qu'il s'est acquis en s'instruisant pleinement du fait. Ce bon sens critique et dénonce l'Autorité et la Tradition : on imagine alors les réactions belliqueuses des traditionalistes bien pensant utilisant le savoir à des fins d'exploitation de la crédulité, de soumission d'autrui dans une logique obscurantiste, de manipulation des esprits dans les domaines spirituel et religieux.

Il faut donc, pour chacun ... qu'il cherche la vérité le plus soigneusement qu'il pourra et que, croyant l'avoir trouvée, il l'aime et y règle sa vie. Il note qu’il serait facile de réduire ... le suffrage d'une infinité de gens à l'autorité de deux ou trois personnes qui, ayant débité une doctrine que l'on supposait qu'ils avaient examinée à fond, l'ont persuadée à plusieurs autres par le préjugé de leur mérite... A partir de là, les nouveaux convaincus supposent ... la solidité des raisons desquelles on s'était servi d'abord ... pour établir cette opinion. Puis ... on s'est vu réduit à la nécessité de croire ce que tout le monde croyait, de peur de passer pour un factieux (un révolté) qui veut lui seul en savoir plus que tous les autres et contredire la vénérable Antiquité ... Le reste s'explique par le fait que plutôt que vérifier, on préfère croire ce qui est dit plutôt que … l'examiner soigneusement. Ce qui fait qu’on a du mérite à n'examiner plus rien et à s'en rapporter à la Tradition.

A partir de là, la masse des crédules fait pression sur les indécis : c'est ... un nouvel engagement aux autres hommes de se délivrer de la peine d'examiner une opinion qu'ils voyaient si générale ... Suite à cela, la pression sociale (effet bien connu en Psychologie moderne) fait son effet …

Par contre, la règle selon laquelle ... un homme habile qui ne débite que ce qu'il a extrêmement médité et qu'il a trouvé à l'épreuve de tous ses doutes, donne plus de poids à son sentiment que cent mille esprits vulgaires qui se suivent comme des moutons, et se reposent de tout sur la bonne foi d'autrui est à méditer et à ne pas oublier, aussi bien dans le quotidien que dans l'approche de l'Orient.

Socrate, philosophe grec, Vème siècle Avant JC ...


Il privilégiait l’art d'accoucher les esprits, la maïeutique, plutôt que l'accumulation de savoir. 

La réflexion est plus importante que le savoir dont il se disait privé, puisque stérile en matière de sagesse. 

Ainsi, il lui était permis par les dieux d'accoucher les autres, mais pas d'engendrer : aussi, ceux qui l'approchaient n'apprenaient rien de lui … mais il leur donnait la possibilité de trouver en eux-mêmes, de belles choses … et d'en accoucher. 

Enfin, autre réflexion à méditer : Nul n'est méchant volontairement.

Montaigne, 1533-1592 ...

Inspiré du stoïcisme, pour lui, la leçon des hommes et des événements compte autant que celle des livres. La vie intérieure constitue l’indispensable dimension de chacun. D'autre part, le but est de se connaître. Dans l'éducation, il préconise l'emploi d'un précepteur et de la douceur, en rejetant toute forme de violence ; d'autre part, il s'agit de renforcer le corps, car la formation physique est une école d'énergie. Donc, il faut exercer le corps.

Instruire, c'est former le jugement : Savoir par coeur n'est pas savoir : il ne s'agit pas d'encombrer la mémoire de celui qui apprend, mais de former son esprit, lui enseigner à penser, ce qui rappelle Kant : je ne vous apprendrai pas des pensées, mais à penser, je ne vous apprendrai pas la philosophie, mais à philosopher. Montaigne note qu’en général, on ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir, alors que Socrate faisait premièrement parler ses disciples, et puis il parlait à eux (Cf. Socrate). Le rôle du précepteur est … qu'il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens de sa substance ; et qu'il juge du profit qu'il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie, car le principe est simple : Qui suit un autre, ne suit rien, ne trouve rien, voire ne cherche rien … Le Bouddha disait : ne places pas de tête au dessus de ta tête …

Le conducteur qui présente plutôt une tête bien faite que bien pleine, face à l'âme dont il a la charge, doit lui faire goûter les choses, les choisir et discerner d'elle-même ; quelques fois lui ouvrant le chemin, quelques fois le lui laissant ouvrir. De plus, qu'il lui fasse tout passer par l'étamine, et ne loge rien en sa tête par simple autorité et à crédit. Ainsi, il choisira s'il peut, sinon il en demeurera en doute. Il n'y a que les fols certains et résolus. Résultat : ainsi les pièces empruntées d'autrui, il les transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien, à savoir son jugement. En conclusion, son institution, son travail et étude ne vise qu'à le former.

De plus, Montaigne pense que la sagesse parfaite n'est pas austère ni tendue, mais plutôt avenante et gracieuse. Ainsi, L'âme qui loge la philosophie doit par sa santé rendre sain encore le corps. Elle doit faire luire jusques au dehors son repos et son aise, doit former à son moule le port extérieur, et l'armer par conséquent d'une gracieuse fierté, d'un maintien actif et allègre, et d'une contenance contente et débonnaire. Ayant médité sur l'inconsistance des choses, il prend la défense de la sagesse, de la tolérance (toutes les religions ont du bon), et de la nécessité de savoir rester libres et modestes en sachant rester nous-mêmes, ce qui est le moyen d'éviter le fanatisme.

Fais ce que tu fais incite chacun à vivre pleinement ce qu'il est en train de faire et à savoir vivre, ce qui est préférable que conquérir le monde ; il faut prendre la nature comme guide. L’épicurisme de Montaigne lui fait dire : Pour moi donc, j'aime la vie

Le commentaire de la présentation de Lagarde et Michard est : Le gain de notre étude, c'est en être devenu meilleur et plus sage.

Shivananda, 1887-1963 ...


Ce sage hindou qui est à l’origine des 8 principes :

 Be good, Do good, Serve, Give, Love, Purify, Meditate, Realize

... disait aussi : 

Que vos mots soient doux et votre argumentation solide

Il est aussi l’auteur de cette phrase : 

Une once de pratique vaut mieux que des tonnes de théorie.

Rabelais 1494-1554 ...

 

On lui doit le principe selon lequel Le rire est le propre de l'homme

Savoir et sagesse viennent de la connaissance de l'Antiquité. 

On ne doit pas s'arrêter aux apparences et aller jusqu'à la substantifique moelle

Rabelais prône la formation harmonieuse de l'esprit et du corps, et aussi une pédagogie adaptée à chacun

Enfin, l'enseignement religieux (inspiré par les textes originaux) va avec l'épanouissement total de la nature humaine (Fay ce que vouldras).

Bhagavad Gîtâ, texte indien, début de notre ère ...

Cette phrase est inscrite également dans la revue DRISH depuis 1998 (n°46) : 

Mieux vaut pour chacun sa propre loi d’action, même imparfaite, que la loi d’autrui, même bien appliquée. On n’encourt pas de faute quand on agit selon sa propre nature

Jusque là, c’est la phrase de St Augustin qui apparaissait au bas de la page 3 : 

Cherchons comme cherchent ceux qui doivent trouver, et trouvons comme trouvent ceux qui doivent chercher, car il est écrit que celui qui est au terme ne fait que commencer

Dans ce texte se trouve la triple ascèse concernant le corps, la parole, le mental :

"... la pureté, la rectitude morale, la pureté … l'absence de meurtre et de violence à l'égard d'autrui, telle est l'ascèse du corps" ...
... "Un langage qui ne cause point de trouble à autrui, vrai, bienveillant et bienfaisant … telle est l'ascèse de la parole" ...
... "Une joie claire et calme du mental, la douceur, le silence, la maîtrise de soi, l'entière purification du tempérament, telle est l'ascèse du mental" ...

Descartes, 1596-1650 ...

 

Selon lui ...

... Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ... 

... et il déduit de cela que : 

... ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. 

Il propose une méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences : elle obéit à des règles simples : 

1/ Ne pas croire ce qui ne vient pas à l'esprit directement ; 
2/ diviser les difficultés ; 
3/ aller du plus simple au plus complexe ; 
4/ prendre soin de tout examiner en n'oubliant rien.

Confucius, philosophe chinois, Vème siècle Avant JC


Tous les lecteurs de la revue DRISH connaissent sa pensée présente dans chaque numéro depuis le premier en 1988 : 

... Ce que nous savons vraiment, savoir que nous le savons. Ce que nous ne savons pas, savoir que nous ne le savons pas. Là est le savoir-même.

On doit aussi à Confucius ce principe propre à nombre de systèmes philosophiques ou religieux :

... Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fît

Enfin, il est aussi l'auteur de ces deux pensées :

... Le malheur des hommes c'est de vouloir enseigner les autres ...

... La joie est en tout, il faut savoir l'extraire ...

 

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