Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A. Institut Leininger 29 Ch de la Nasque 31770 Colomiers DARSHANA Yoga traditionnel Revue Drishcréée et éditée depuis 1988 par GillEric Leininger-Molinier DARSHANA Yoga Traditionnel Ecole de Yoga du KRIYA Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté 23ème année n°ISSN 0768-5661 "Ce que nous savons vraiment, savoir que nous le savons. Ce que nous ne savons pas, savoir que nous ne le savons pas. Là est le savoir-même" Confucius
Editorial du n° 106 Ah ! Quel bel hiver nous avons eu : avec ce qu’il faut de froid et de neige. Oui, je sais bien, ce n’est pas pratique pour circuler. Mais comment font-ils dans le Nord de la France ou dans les pays nordiques ? Ce paysage tout blanc éveille nos cœurs d’enfant, et c’est si bon. Même la grippe A d’ailleurs n’y a pas résisté … Je l’avais bien dit dans le précédent éditorial (DRISH 105) : Profitons de cette lumière revenue et goûtons ce froid vif dont on dit qu’il tue les microbes et vivifie l’organisme. Alors que nos départs matinaux se font de plus en plus dans la lumière et que les soirées sont moins sombres, je vous souhaite lumière et chaleur. Bien à vous. A bientôt. GillEric Leininger Molinier
Erratum : Une erreur s’est glissée lors d’un changement d’image dans le DRISH 105, page 6 il s’agit de la photo de Vivekananda et non de Ramakrishna qui, lui, se trouve à la page précédente. Avec mes sincères excuses. LGE "Mieux vaut pour chacun sa propre loi d’action, même imparfaite, que la loi d’autrui, même bien appliquée. On n’encourt pas de faute quand on agit selon sa propre nature" Bhagavad Gîtâ
Nos rendez-vous ... (voir directement en pages séminaires et aussi autres manifestations) 19 Mars : 3ème AG du K.R.I.Y.A. 3-4 Avril : Séminaire Yoga Cette session aura lieu au CREPS de Toulouse et débutera dès 10h par un exposé d’anatomie comparée au Muséum. Renseignements à l’inscription. Voir détail en fin de revue. Séminaire 22-23 Mai Cette session aura lieu au CREPS de Toulouse. Voir détail en fin de revue. 2 au 4 Juillet : retraite en silence Centre tibétain, Lavaur. Information en préparation. Eté en Espagne : 18-24 et 25-31 Juillet La plaquette d’information est à votre disposition.
Mon livre La santé par la bonne humeur sera à : . Verfeil le 14 Mars . Nègrepelisse le 9 Mai . Monclar de Quercy le dernier Dimanche d'Août . … et d’autres lieux encore … Détendre le visage Le début et la fin de la séance de Yoga sont des moments-charnières. La prise de conscience permet de rompre avec le rythme du quotidien qu’on a décidé de délaisser quelques instants (2, 5, 30, 60 minutes ou plus). La relaxation en fin de séance est la pratique permettant de parcourir le chemin inverse et de ramener tout l’être à sa condition habituelle, justement celle qu’il avait déposée à l’entrée de la salle de cours avant de prendre place sur son tapis de Yoga. Aussi bien en débutant la séance qu’à la fin, lors de ces deux périodes charnières entre la vie habituelle et la séance de Yoga (raisonnement humain) qu’au cours de la séance elle-même lorsque nous sommes en mouvement ou en posture statique, nous devons faire en sorte de détendre le visage.
Des perceptions très spéciales Certes, un visage détendu est beaucoup plus agréable à voir que le même en période de contrariété ou de colère. Et puis -mais est-ce là aussi un argument en lien avec la pratique du Yoga ?- la détente du visage favoriserait une raréfaction des rides ou leur placement correct et gracieux. On prétend que Madame de Maintenon disait : Mesdames, souriez afin que plus tard, vos rides soient bien placées !...
Un exemple vécu J’ai reçu un jour une personne se destinant à assurer des sessions de formation et venant chercher quelques conseils de ‘coaching’ pour utiliser un mot très en vogue. Après une petite heure d’entretien, ayant répondu à ses questions, je m’avançais à donner un point de vue qu’elle n’attendait pas : je lui demandai si elle souffrait de la nuque et du haut du dos. Surprise de ma question, elle répondit par l’affirmative et me demanda comment j’avais pu deviner, alors qu’à aucun moment elle n’en avait parlé. Certes, j’avais bien repéré une certaine raideur dans la démarche de la personne, aussi bien à son entrée dans mon bureau qu’une fois assise en face de moi : mais cela pouvait aussi être dû à l’habillement élégant et très classique qu’elle portait et aussi à la situation d’entretien, sûrement peu aisée lorsqu’on ne connaît pas ou très peu la personne rencontrée. Ma question reposait simplement sur l’expérience de l’observation, bien sûr : pédagogiquement l’œil a une très grande importance et l’exercer à voir et même à percevoir -ce qui est encore mieux- est très instructif. Nous reviendrons sur ce sujet en évoquant l’œil dans les prochains numéros de DRISH. Ce que mon œil avait remarqué tandis que l’entretien se déroulait, était cette sorte de manque de mobilité et la position haute des épaules. Il s’agissait là de deux signes de tensions dans la zone haute du dos. Cette hypothèse (car il n’y avait dans ma remarque aucune affirmation) était couplée à une sorte de rictus qui apparaissait de temps en temps sur son visage et qui était habituel car il avait, au cours des décennies, creusé de simples sillons au bas des commissures des lèvres, tirant celles-ci vers le bas … Or, dans certaines professions, la formation en fait partie, il importe d’aborder ses publics et groupes avec une certaine détente tant corporelle que mentale afin d’avoir à sa disposition toutes la palette professionnelle utilisable pour répondre aux besoins des personnes qui nous sont confiées. Une attitude ‘sur la défensive’ ou un aspect ‘ronchon’ ont une influence directe et non consciente sur les participants. Il n’est pas question d’arborer un sourire ‘commercial’ mal venu, mais d’aborder les uns et les autres avec la détente nécessaire à une approche de l’humain dans les meilleures conditions d’accueil.
Revenons au visage Alors, comment faire ? ... pensera peut-être mon lecteur en train de se mirer dans le grand miroir de sa salle de bain afin de vérifier s’il a lui aussi quelques rictus ou contractions inutiles. La première des choses est, surtout, de ne pas s’en faire : si vous constatez quelques ‘imperfections’ (tout le monde en a !) ne cherchez pas à les gommer de suite. Patience, patience ! … c’est sûrement une des premières leçons apportées par le Yoga (Cf. dans la prochaine Lettre de l’Institut n°48 à paraître dans quelques jours). La deuxième chose à effectuer est de prendre régulièrement conscience de l’état de tension de sa musculature afin de n’utiliser que ce qu’il faut : c’est à la fois une question d’économie et d’attitude. Enfin, lorsque les muscles larges ou volumineux sont détendus (ils sont les plus faciles à relâcher), on peut alors progressivement travailler sur la détente du visage ce qui se fait selon le plan indiqué sur le schéma joint. ---> suit ici le détail de la détente du visage sur 7 pages <---
... Fin de l'article :
La détente est donc nécessaire et doit être complétée, comme indiqué ici, par celle du visage. Cette relaxation faciale pourra être complétée par une prise de conscience de la cavité buccale, du détail des yeux et du crâne : nous y reviendrons ultérieurement. Bonne pratique "L'acceptation est le sol fertile qui permet au grain minuscule de se développer, de s'épanouir et de produire la magnifique fleur qu'il contenait en puissance". Thomas Gordon
Méditation pratique (3) Sans méditationil n'y a pas de paix, et sans paix, il n'y a pas de bonheur. Bhagavad Gîtâ Après avoir envisagé le premier élément de cette méditation qui est l’émerveillement d’être en vie, voici la deuxième partie qui n’en est que le prolongement : il permet la prise de conscience de ce grand mystère qu’est la vie. Cette étape peut être abordée quelles que soient les convictions des uns et des autres puisqu’elle s’appuie sur la suite des générations qui est un fait lié au phénomène de la vie elle-même. Voici le texte de la méditation de Chidambaram :
2/ Si vos parents ne s'étaient pas rencontrés, vous ne seriez pas là. Pensez à la suite des générations qui nous ont précédés. Nous sommes des survivants : la chaîne de la Vie n'a jamais été interrompue depuis sa naissance sur notre planète et s'est transmise jusqu'à nous à travers toute l'évolution, depuis des millions d'années. Voyez vos parents, vos grands-parents, éventuellement vos arrières grands-parents et remerciez-les de vous avoir transmis cet héritage inestimable.
---> suit ici le détail de l'article sur 10 pages dont voici un résumé :<--- Est abordée l’étape de La chaîne de la Vie qui peut être abordée par tous : il n’en reste pas moins vrai qu’elle est parfois délicate à aborder pour plusieurs raisons qui sont évoquées. Suivent les Considérations pédagogiques qui décrivent les conditions que tout enseignant doit respecter lorsqu’il aborde ce genre d’enseignement face à ses groupes de pratiquants car en effet, une séance de méditation ou de concentration n’est pas sans effet. Lorsqu’ils sont positifs, et c’est le plus souvent le cas, tout va bien. Lorsque cela est mal accepté, c’est plus ennuyeux. Les effets sont dus à ce que lors de la phase de concentration mentale, nous devenons extrêmement réceptifs à tous messages venant de l’extérieur. Nos ‘défenses’ sont abaissées et nous prenons ‘de plein fouet’ le message de l’objet de la méditation. S’il est positivement reçu, c’est parfait et même idéal. Dans le cas contraire, cela peut aller loin … Donc, prudence … Parfois les convictions personnelles peuvent empêcher la pratique, ce qui est détaillé dans la partie Des idées et des hommes tout en précisant que le Yoga reste totalement ouvert à toutes les idées, sauf bien sûr, celles allant à l’encontre de celles de bienveillance (nous y reviendrons à propos de la gentillesse). Ces valeurs qui lui sont propres en constituent à la fois le fondement et aussi ce qu’il convient de nommer la culture du Yoga sans laquelle cette discipline reste une simple gymnastique hygiénique. Dans son esprit de non-violence (ahimsa, de –a- privatif et –himsa- tuer) le Yoga traditionnel refuse tout extrémisme et, de plus, cultive l’idéal d’autonomie de l’être en même temps que sa libération de sa condition humaine. D’autre part, la philosophie générale du Tantra prône la prise de conscience de ce qui est comme c’est, sans voile et sans aucun artifice ni tentative de masquer quoi que ce soit. La conscience de tout ce qui est et de tout ce qui nous fait en est le fondement. Suit le développement de ce que lNotre tradition occidentale propose à notre culture avec la notion deCréation faite en 7 jours. L’humanité entière est née des deux premiers humains : Adam et Eve selon la Genèse, dans le Pentateuque de l’Ancien Testament. La Parité semble avoir été respectée bien qu’une question subsiste : Quelles sont donc la signification et/ou la destinée de la première femme évoquée en I, 28 (… homme et femme il les créa …) ? Quant à l’archevêque Ussher, il calcula l’âge de l’humanité en reprenant le texte de la Genèse et réussit à situer la naissance de l’homme exactement le 23 Octobre 4004 avant J.C. à 21h … Le Retour à Darwin s’appuie sur les découvertes scientifiques concrètes, reconnues et mises en relation, faisant remonter l’humanité à 2 ou 3 millions d’années, et la vie sur notre planète à … 3 ou 4 milliards d’années, ce qui change beaucoup de choses. La reproduction sexuée qui assure La transmission de la vie est une étape de la vie qui remonte très loin dans le temps et la rencontre nécessaire de deux êtres génitalement complémentaires est à l’origine de la naissance de chaque être vivant évolué et permet un brassage chromosomique utile et bien plus adapté que la parthénogenèse ou la division cellulaire … la question fondamentale est là : ce moment de la méditation n’est pas là que pour évoquer les personnes, mais la place occupée par elles en tant que symboles dans le cadeau magnifique qu’elles nous ont fait en nous permettant de venir en ce monde … Or, aucun corps mort, aucune cellule morte ne peut transmettre la vie : seuls des organismes vivants peuvent le faire, ce qui signifie que la vie qui est en nous est vieille de 3.000.000.000 d’années. Cela indique aussi que cette vie qui est en permanence en état de s’adapter aux conditions rencontrées, s’est enrichie au cours de toutes ces périodes jusqu’à nous. Chacun de nous est donc la résultante de cette vie si vieille et si riche d’expérience. C’est aussi ce qui fait notre proximité à tous : nous sommes tous cousins et donc frères du fait que cette vie est la même en chacun de nous. Ceux qui nous ont transmis la vie sont nos parents qui l’ont reçue de leurs parents, donc nos grands parents, qui l’ont eux-mêmes reçue de leurs parents, donc nos arrières grands parents que nous n’avons peut-être pas connus, ce qui nous montre à quel point la vie de chaque génération est vraiment peu de chose par rapport à l’histoire de la vie et de ses 3 milliards d’années. Mais en même temps elle est énorme puisque la richesse de chaque vie manifestée est immense. Si, selon le proverbe africain, un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle c’est la même chose pour chaque être vivant quel que soit son âge. Ce qui caractérise la pérennité de la vie se situe au niveau pelvien, que l’on nomme dans le Tantra le pôle espèce et la richesse de chacun s’appuie sur ce pôle espèce et exalte le pôle individu situé au plan de la tête. Cette seconde étape de la méditation de Chidambaram est fondamentale pour que chacun d nous puisse se situer à sa juste place, infime et immense à la fois, dans le courant de la Vie. … à suivre … Allez ! Soyez gentil !... (3) Bien sûr, les deux articles précédents correspondaient à un événement particulier et sympathique : celui de la Journée mondiale de la gentillesse du 13 Novembre dernier. Bien sûr, la gentillesse reste un sujet dont on parle peu tant cette vertu se pratique parfois ou est considérée comme une faiblesse dont on peut profiter … D’autant que comme nous avons pu le voir dans DRISH 104, le monde moderne ne semble pas encourager ce type de comportement (bien que … Mais nous y reviendrons). Les événements, d’abord : récemment, la crise, le virus de la grippe A (qui, à l’heure où j’écris ces lignes a connu un drôle de virage), les taxes, le pouvoir d’achat, la menace du chômage, les erreurs politiques, etc. sont autant de sources d’inquiétude potentielle dont la première qualité à faire les frais peut être la gentillesse. Les médias sont là aussi pour laisser penser qu’il y a plus urgent ou plus important que sourire ou de penser aux autres.
Indulgence Le lecteur, je l’espère trouvera les moyens d’excuser mes propos peu sympathiques, mais il m’arrive comme tout un chacun, de regarder intégralement le 20 heures, le JT, appelez-le comme vous le voulez, et c’est là que j’ai besoin de votre indulgence, de conclure que d’abord je n’en retiens que peu de choses, et en second, que cela n’a aucun intérêt en ce sens que cela n’apporte rien de positif, de constructif ou que cela ne concerne qu’une minorité d’entre nous qui pourrait être informée directement et plus efficacement par d’autres moyens ciblés. Mais au-delà de ces images et mots relatant des situations dans le monde, il nous appartient de choisir notre humeur et le comportement en accord avec elle. Le conte moderne proposé dans DRISH 105 est la démonstration de ce que chacun de nous peut faire, à son échelle, dans ce registre, pour le bien de nos concitoyens.
Court ou long terme ? Le simple fait que la journée mondiale de la gentillesse soit passée inaperçue est la démonstration que mondialement, il est d’autres soucis à gérer … Et pourtant … Quant aux structures plus ou moins importantes qui font l’éloge de comportements contraires à l’attitude bienveillante et gentille, elles sont dépassées du fait que leur vision du monde et des relations qui l’animent, constitue une vision à court terme … celle-là même qui est à l’origine d’événements ou situations que tous les humains rencontrent, quelles que soient leurs situations politiques, sociales, professionnelles, culturelles, géographiques … Et voilà mon lecteur en train de se dire que le rédacteur de ces pages a décidé de verser dans le pessimisme, dans la plainte généralisée, dans le désespoir, dans la sombre résignation. Alors je vous dois une explication qui reste inutile pour celles et ceux qui me connaissent bien. Dans les faits et au quotidien, je ne suis pas pour un optimisme béat coupé de la réalité du monde. Au contraire, l’optimisme le plus pur, les valeurs les plus sures concernant l’humain ne peuvent avoir de vrai sens et trouver une véritable assise que si on prend soin de dresser un bilan correct et juste de ce qui est et seulement à cette condition. Le choix de la gentillesse au quotidien relève de la même logique. Quant au fait selon lequel les événements nous dicteraient notre comportement, il nous appartient de choisir. C’est en cela que la notion de Karma propre à l’Inde enseigne clairement que face aux situations que l’existence nous amène à vivre, nous avons le choix et les moyens de ces choix, mais aussi la liberté de nous laisser porter, ce qui fait alors courir le risque de faire de nous des victimes.
Et … le Yoga ? Oui, parlons-en du Yoga, car si j’ai décidé d’insérer cet article dans la revue, c’est d’une part parce que la journée de la gentillesse est un excellent prétexte pour se réhabituer à cette attitude simplement humaine, voire humaniste et que le Yoga ne lui est pas étranger. Le Yoga, dépouillé de toute croyance dogmatique et imposée est avant tout une école d’autonomie. Son rapport à l’humanisme est évident en ce sens déjà et aussi si on reprend la définition de ce terme dont on peut dire qu’il est la position philosophique qui reconnaît l'être humain comme valeur suprême, met au premier plan des préoccupations le développement de ses qualités essentielles, fait le choix de défendre la personne humaine dans ses droits et enfin se fonde sur la possibilité de son développement moral, intellectuel, spirituel, matériel. Comment peut-on évoquer cette dimension sans gentillesse ou bonté ? Il peut paraître surprenant que le Yoga prône la gentillesse car on envisage souvent cette discipline comme une pratique physique couplée à une vision philosophique riche et plurielle quelquefois guidée rudement par un guru austère et peu sympathique infligeant à ses adeptes les duretés qu’il s’impose à lui-même. Ceci est partiellement vrai. Partiellement car le Yoga traditionnel compte deux étapes premières en lien direct avec un comportement se situant exactement dans la logique de ce qui nous intéresse ici, et le terme Yoga désigne aussi l’Union vers laquelle chaque sadhak (= adepte se livrant à la discipline) tend de toute son énergie. Quant au guru, il devrait logiquement faire preuve de bienveillance envers celui qui cherche à s’élever, sans tomber dans le piège de la toute-puissance ou du désir de soumettre l’autre comme cela a pu être évoqué parmi les risques décrits dans DRISH n° 97-98 de 2008. Ainsi, plusieurs principes sont là pour nous orienter vers ce choix de la gentillesse, justement encore plus inévitable parce que les circonstances extérieures sont défavorables.
synthèse de l'article : Ahimsa : Ahimsa est la première valeur à mettre en pratique dans la première étape du Yoga traditionnel. L’étymologie du mot puis Gandhi et les Jaïns sont évoqués ici et aussi le fait que cette attitude ne doit pas être considérée qu’en négatif, c'est-à-dire dans le sens de ce qu’il ne faut pas faire. Il faut y voir aussi la volonté de bienveillance envers soi et envers les autres, aussi bien humains qu’animaux, végétaux … La bienveillance doit se faire envers l’ensemble de la Création ou Manifestation. Si Ahimsa constitue la première valeur inscrite dans le Yoga traditionnel et aussi celle qui guide les pas du pratiquant sur les voies du Yoga, physique et autres, d’autres valeurs propres au Yoga sont nommés et décrites ici permettant le contrôle des sens et les passions. Donc, cultiver la gentillesse passe par le contrôle des sens et des passions, de même que le détachement car l’attachement est une spécificité humaine pouvant mener à des excès dans l’esprit de la possession qui nous possède si on n’y veille pas : or, certains comportements contraires à la gentillesse sont dus à l’attachement matériel, intellectuel, etc. ne permettant pas à l’autre d’évoluer comme il le souhaiterait dans les limites de ce qui est juste et bon pour lui. Ces 3 valeurs ne se traduisent pas par gentillesse mais celle-ci est sous-tendue par ces valeurs propres au Yoga et à d’autres traditions : ainsi, ne pas nuire à autrui, se contrôler et pratiquer le détachement assurent la sincérité de cette gentillesse et son but pérenne. 5 autres clés sont ensuite annoncées comprenant la pureté qui exige de veiller à conserver une activité mentale saine. En clair, nous ne devons pas avoir de pensées négatives envers nos semblables. Le contentement nous dicte d’être contents quoi qu’il arrive : cela se rapporte aussi aux personnes rencontrées, où l’on peut entrevoir immédiatement le rapport à la gentillesse. La question inévitable du bonheur se pose dès qu’on touche à l’attitude intérieure faite aussi du choix de considérer la vie autrement que ce que nos passions tendraient à nous la faire voir. Savoir se contenter … est une réelle clé.
Pour terminer un cliché pris en Inde par l’auteur lors d’un séjour en Inde : Ce cliché a été pris en Décembre 1989, en plein Delhi, dans une zone défavorisée, au moment où des couvertures étaient distribuées aux sans-abri à cause du froid intense dû aux chutes de neige en quantité sur les pentes de l’Himalaya. Dans le prochain DRISH, nous terminerons ce sujet et verrons d’autres concepts et textes appartenant au monde du Yoga permettant d’affirmer encore le lien existant entre sa pratique et la gentillesse.
… à suivre …
Le Yoga et l’œil Dans le dernier DRISH, nous avons vu que nos sens sont imparfaits. D’abord, en considérant l’acuité sensorielle de nos cousins animaux. Certes, ils dispo-sent d’un appareil de perception adapté à leur milieu : les pois-sons n’ont pas les mêmes besoins d’information que les oiseaux ou que les mammifères terrestres ou encore que l’hu-main dont nous avons pu voir la perte importante dans ce domaine. Deuxième explication : cette perte est due en grande partie à la vie civilisée et aussi à notre environne-ment moins riche et plus agressif à la fois, qui émousse nos sens ainsi appauvris sans que nos vies soient menacées pour autant. Cette relativité dans l’efficience sensorielle se situe pourtant en dehors d’un troisième point évoqué aussi la dernière fois : celui de la réalité de la perception. La limitation des perceptions démontre bien qu’une part énorme des informations ambiantes nous échappent : nous n’avons donc pas conscience de ce qui nous entoure de la façon la plus complète, voire la plus absolue. La question de fond sur laquelle je reviens ici, est celle de la Réalité avec un grand R qui touche à la seule recherche valable pour certains courants hindous : celui de l’Absolu. En effet, pour eux, seul ce qui est immuable, éternel et indestructible est la Réalité. Tout ce qui est éphémère, non pérenne ne constitue pas cette Réalité. C’est la notion plus ou moins connue du grand public de l’impermanence reprise dans la philosophie bouddhiste. Le Vedanta qui est fondé sur les enseignements des Upanishad indiennes développe cet-te idée et imprègne l’essentiel des philosophies de l’Inde. Le Tantra, lui, estime que réel ou non, nous som-mes dans ce monde : donc agissons au mieux pour tenter de nous libérer de cette condition humaine dans laquelle nous sommes pris. Heureusement, sur ces points les Indiens s’entendent bien mieux que chien et chat …
Chien et chat … ---> Cette partie décrit un test à effectuer afin de se rendre compte des limites de l'oeil ... On en reparle dans le prochain numéro. En attendant, testez et testez encore … "Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs de l’humanité" Albert Camus
Séminaire 3-4 Avril, CREPS de Toulouse Thèmes : Yoga spéciaux (enfants, personnes âgées et handicapées, bébés, futures mamans …), divers styles de Yoga. En pratique, une technique de Prânâyamaet les façons d'équilibrer Prâna et Apana. Les sages de l'Inde : enseignement et personnalité de Swami Shivananda. Plan psychopédagogique : conditions de pratique et l'oeuvre de Carl Rogers (concepts intéressants au niveau individuel et au niveau des futurs enseignants de Yoga : Non-directivité, triangle rogérien …) Bien sûr, des aspects techniques nous attendent au cours des séances et des ateliers : Pédagogie et Technique. Le matin : exposé d’anatomie comparée au Muséum réservé aux participants. Séminaire 22-23 Mai, CREPS de Toulouse Thèmes : l'esprit de R. Tagore ;Anatomie-Physiologie appliquée au Yoga : le phénomène de la Digestion. Notions de Nutrition. Pédagogie et Technique ; techniques de Flexion vers l’arrière ; Bhastrika. En psychopédagogie, nous traiterons de souplesse par le Yoga et de Yoga et rythmes. Collbato, Espagne, 18 au 24 et 25 au 31 Juillet Thèmes : laposture base du Yoga (18 au 24 juillet) avec amélioration de la pratique (tonus, souplesse), souffle et verticalité (25 au 31 juillet). Mon livre La santé par la bonne humeur … … est toujours disponible soit lors des salons du livre auxquels je suis invité, soit chez tous les libraires, soit à l’Institut où j’ai toujours quelques exemplaires à votre disposition. Le détail des salons du livre peut être consulté sur mon site www.institutleininger.com Prochains DRISH . La posture sur la tête (suite) : aspects techniques et … épistémologiques … . Le Yoga et l’oeil : suite de cette présentation . La méditation : suite d’éclaircissements pour une meilleure approche . Relaxation de la bouche: en complément de la détente du visage ... . Allez ! Soyez gentil ! … (suite)La gentillesse est une composante du Yoga : textes et pensées . Et aussi : Le Yoga … Quel Yoga ? Enseigner le Yoga ; Les niveaux de pratique ; André Van Lysebeth ; Prière indienne ; Une pensée spéciale pour toi ; Légende hindoue ; Douleurs après le Yoga ... A bientôt. G. E. Leininger Expéditeur : Ecole de Yoga du K.R.I.Y.A. Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté Institut Leininger 29 ch de la Nasque, 31770 Colomiers 05 61 785 685 |