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    Le 100ème (Décembre 2008) ...

DRISH 
                 ... le 100ème

21ème année
DARSHANA Yoga traditionnel
K.R.I.Y.A. Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté
                             29 ch de la Nasque, 31770 Colomiers

Le 100èmeDRISH
Depuis 1988, la revue DRISH a pour but de promouvoir la discipline du Yoga et la culture qui l'accompagne.Ses 5 numéros annuels vous apportent des articles de fond riches & variés, documentés, fouillés, des points de vue rigoureux et complets, une approche des traditions d’Orient, le développement des aspects philosophiques, des fiches techniques, l'approche de la dimension psychosomatique et de l'équilibre corps-esprit, ainsi que des explications nécessaires du point de vue psychologique et pédagogique. Soutenus par une réflexion & une pratique liées à une longue expérience professionnelle, tous les textes sont rédigés avec le souci de vous permettre une connaissance du Yoga aussi complète et adaptée que possible & présentent des points de vue originaux ainsi que des prises de position sans équivoque.Les séminaires de Yoga organisés et mis en place, obéissent aux mêmes principes. L’historique de cette revue est mêlée étroitement à la vie du Yoga dans l’Ouest toulousain et à ses événements, comme le démontrent les pages suivantes, décrivant mon parcours d’année en année.
Bonne lecture. 
                  G.E. Leininger Molinier     

DARSHANA Yoga traditionnel
K.R.I.Y.A. Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté
29 ch de la Nasque, 31770 Colomiers

Sommaire du 100ème (21ème année)
Le 100ème DRISH …                        … 2
Présentation …                              … 4 à 7
DRISH : l’historique …                    … 8 à 12
Le Yoga de A à Z …                         …13 à 35
A comme … Autonomie & Adaptation  …13
B comme … Bonne humeur …            …14
C comme … Culture …                       …14
D comme … Déontologie …                …15
E comme … Enseignement …              …18
F comme … Faire du Yoga ou Etre …    …19
G comme … GREYTAO …                    …20
H comme … Hatha-Yoga …                 …21
I comme … Indépendance …              …21
J comme … Jnana …                          …22
K comme … KRIYA …                         …23
L comme … Loi …                              …24
M comme … Méditation …                  …25
N comme … Non-violence …               …26
O comme … Orient …                         …26
P comme … Psychopédagogie …         …27
Q comme … Qui suis-je ? …                …28
R comme … Rogers …                        …29
S comme … Souffle …                        …30
T comme … Tantra …                         …31
U comme … Union …                          …32
V comme … Vie …                             …32
W comme … Week-end …                  …33
X comme … l’inconnue …                   …34
Y comme … Yama et Niyama …          …34
Z comme … Zen …                            …35
1ère page DRISH n°1, Avril 1988   ...36 

DRISH le Centième, page 1, Décembre 2008


DRISH le Centième, page 4, reprenant la page 1 du n°1

Dépôt légal & ISSN 4ème trim. 2008. Tirage : 150
Prochain DRISH : 1er trim. 2009 
Ce que nous savons vraiment, savoir que nous le savons. Ce que nous ne savons pas, savoir que nous ne le savons pas. Là est le savoir même.
Confucius

Le 100ème : Présentation
Il en est de DRISH et de l’enseignement  du Yoga dans l’Ouest toulousain comme d’un iceberg : on en voit la partie émergée sans se douter le moins du monde de l’immensité de la part immergée.C’est aussi et d’abord, une belle aventure faite de puissance et d’assiduité, mais aussi ponctuée de combats marquant une histoire mouvementée dont le lecteur a toujours été tenu éloigné parce qu’il ne fallait pas venir polluer sa pratique par des histoires peu sympathiques. Aujourd’hui peut-être, pour une fois, il est possible d’en parler un peu et de lever le voile, au moins partiellement (Cf. Le Cinquantième) sur cet instrument au service du développement du Yoga dans l’Ouest toulousain et pas seulement, puisqu’il m’est arrivé d’organiser et d’animer des sessions de Yoga pour divers groupes, fédérations et autres instances depuis 1979, en Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, région PACA, sans oublier Paris en 1995 et l’Espagne depuis 2005.DRISH fut avant tout, un lien indispensable au service de la démocratie et reste un outil incontournable dans la promotion de la culture du Yoga.
De la démocratie ? 
Voilà un bien grand mot, pensera le lecteur surpris. Pourtant il comprendra bien vite la logique de tout ceci lorsqu’il saura toutes les étapes amenant à la création de la revue DRISH et tous les événements ayant suivi.
Dans les années 70, passionné d’Arts martiaux (NB que je parle bien d’arts martiaux et non de sports martiaux : cette nuance est de taille pour ce qui suit), mon intérêt se porta sur les philosophies sous-tendant ces pratiques. Sur les conseils avisés  d’un maître en Aïkido toulousain, cela me mena à la pratique du Yoga, et à Lao-Tseu et Confucius dont je lus les œuvres à un peu plus de 20 ans, sans oublier Boddhidharma.Ces rencontres furent extraordinairement riches et modelèrent toute mon existence : la pratique du Yoga fut intégrée très vite ; quant aux enseignements des sages chinois susnommés, ils font partie de mes références, même plus de 30 ans après les avoir découverts (Cf. DRISH n°10 et 20, et le séminaire de Collbato de Juillet 2007 sur les Philosophies d’Orient).
Les débuts d’une passion
Mon entrée dans le Yoga en 1975 fut remarquée, au point qu’en 1976, on me proposa assez rapidement, un peu trop précocement à mon goût, de prendre en charge un cours alors qu’il y avait tout juste un an que je pratiquais aussi bien le Yoga indien que le Yoga chinois. Cette proposition porta ensuite sur un cours régulier par semaine, le mercredi soir, en 1977-1978.
Conscient de cette responsabilité, en 1979, je laissai mon poste de co-responsable de la commission technique et pédagogique d’un groupe départemental de travail corporel, afin de me consacrer à l’enseignement du Yoga. 
Je m’installai comme enseignant de Yoga professionnel et décidai de me former : j’obtins, en moins de 10 ans, 6 diplômes ou certificats en rapport avec l’enseignement du Yoga.En 1983-1984, dans le mémoire L’apprenti-yogi ou l’Anti-sage de fin de formation en Psychopédagogie, domaine hélas inexistant dans le contenu des formations des enseignants de Yoga, j’écrivais que pour être un bon enseignant de Yoga, il faudrait être psychologue ou médecin. 3 années plus tard, je repris le chemin de l’université pour en sortir en 1992, muni de mon diplôme d’études supérieures spécialisées en Psychologie.
Exigence et rigueur
Il reste entendu que cette exigence, cette rigueur qui sont mes compagnes quotidiennes, et vous les connaissez bien, ont été confrontées au laxisme d’un système associatif de l’époque agissant dans l’illégalité, ou encore aux comportements de professeurs de Yoga se désignant ainsi sans en avoir ni le titre, ni la formation, ni les compétences, ni le statut. Ceci sans compter les nombreuses erreurs de ces personnes sans scrupules pourtant soutenues par des dirigeants associatifs complaisants ou par certaines municipalités.Mes réactions furent apparemment malvenues lorsque je défendis mon gagne-pain que ces gens-là comptaient s’attribuer, sans respect pour la moindre déontologie. Le résultat fut que les censures ne se firent pas attendre : les travailleurs clandestins furent peu inquiétés par l’administration –tout au plus interdits, un temps, d’enseigner le Yoga- et conservèrent leurs privilèges tandis que je fus licencié sans préavis ni indemnités, au mépris du droit du travail le plus élémentaire et de mes années de partenariat en tant que professionnel de l’enseignement du Yoga. Plusieurs lieux où j’intervenais professionnellement furent contactés par téléphone et de façon anonyme, pour qu’on ne fasse plus appel à mes services.
Décidé à défendre ma cause dans le respect des principes du Yoga et de la démocratie, je contactai alors les responsables : les associations restèrent sur leurs positions, les élus se montrèrent indifférents à mes arguments, les responsables d’écoles de Yoga n’y comprirent rien. 
Naissance de Darshana
Par contre, les adhérents, très déçus par ces événements, demandèrent des explications qui ne leur furent jamais clairement données : cette affaire sentait trop mauvais pour que les dirigeants reconnussent qu’ils hébergeaient des travailleurs clandestins et qu’ils m’avaient licencié dans de telles conditions. C’est ainsi que je fus investi d’une nouvelle responsabilité : celle de créer une association, à laquelle se rallièrent tous les déçus des décisions arbitraires et injustes qui nous frappaient.Ainsi est née Darshana Yoga traditionnel, en 1985, d’un élan démocratique de révolte douce mais déterminée contre un autoritarisme lâche et stupide, mené par des responsables aveugles ou complices.Nous fumes interdits de salle pendant 6 années, et de parution dans le journal le Columérin, sans subventions jusqu’en 1989 : mon choix fut, au travers de DARSHANA, de me concentrer sur mon action et de proposer une dimension du Yoga plus juste et plus complète, car il n’est pas une simple gymnastique hindoue, contrairement à ce qu’on a tendance à vous faire croire. Dans l‘ombre, mon action continue toujours, par des courriers, l’action juste, la désobéissance, certains bras de fer, la grève du Yoga et le refus des tentatives d’intimidation d’où qu’elles viennent.
La culture du Yoga
Les stages existaient déjà depuis 1979 : restaient à créer une revue et une bibliothèque spécialisée. Pour celle-ci, les premiers ouvrages furent assez vite acquis. DRISH, en projet depuis 1985 (la première Assemblée Générale à Pompignan en faisait état et le titre était déjà trouvé), sortit en Avril 1988, après une période de maturation qui lui assure la longévité que vous lui connaissez et qui l’amène à son 100ème numéro que vous tenez entre les mains. Le développement de la culture du Yoga dans l’Ouest toulousain était en marche …Ardent défenseur, depuis longtemps, de cette culture indispensable si on désire retirer le maximum du Yoga, c’est à vous tous que je dois dire merci. Merci de suivre mes cours, merci de venir participer aux séminaires que je mets en place, merci de parler de mon action et de mes résultats. Merci de rester de fidèles lecteurs de DRISH. En effet, c’est par et grâce à vous que je puis accomplir tout ceci : sans vous, lecteurs, participants aux sessions, pratiquants, futurs enseignants de Yoga ayant décidé de me confier votre formation, tout ceci ne pourrait exister.
GillEric Leininger

DRISH : l’historique1976 : ma première séance Yoga
Printemps 1978 : mes premières formations
1979 : statut professionnel ; animation des premiers stages et parution du premier Mémorandum : ce document remis aux participants dès le début de chaque session, reprend les grandes lignes du séminaire, ce qui s'avère utile lors du week-end et une fois la session achevée. Le contenu propose, de façon variable et adaptée : rappel du thème, schémas explicatifs, aspects théoriques et concrets, citations, extraits de textes, apports traditionnels, descriptions techniques, développements de concepts de base, historique, définitions, éléments de synthèse, explications précises, apports en anatomie et physiologie appliquées au Yoga, exposés en psychologie et pédagogie, articles de presse ... Des intégrammes sont un moyen ludique et efficace de développer ses capacités de logique, laquelle occupe une grande place en Orient. Le Mémorandum de Décembre 2008 portera aussi le n°100.
1980 : obtention du diplôme d’enseignant de Yoga, école Van Lysebeth ; entrée en formation à la FFHY (école de Marseille), l’année suivante.
1983 : participation à 3 semaines de Psychopédagogie, sous la direction d’Adrienne Oury, à Paris. La même année, participation aux TP d’Anatomie, à la Faculté de médecine de Toulouse.
1984 : création et parution de Jnana-Sutra 6-1 et 6-2, ancêtres de la revue DRISH ; Décembre 1984 : premières interventions dans la formation d’enseignants de Yoga dans une école fédérale régionale.
1985 : participation à 3 semaines d’approfondissement en Psychopédagogie (région parisienne) ; Juin 1985 : plusieurs groupes de Yoga décident de se séparer de leur seul enseignant de Yoga diplômé et déclaré. L’élue municipale présidente de l’USC Yoga à cette époque, me licencie abusivement, sans préavis, sans indemnités. Motifs : absences pour stages de formation à Paris et pour raisons professionnelles. Je suis licencié abusivement en d’autres lieux où je suis le seul enseignant formé et déclaré. Certains des professeurs de Yoga non déclarés ni formés sont interdits d’enseignement par l’administration. Eté 1985 : échanges de courriers avec les instances fédérales et de formation ; rencontre de plusieurs élus municipaux et associatifs, afin de leur expliquer la situation. Ces contacts resteront sans suite. Par contre, les adhérents de l’USC Yoga et d’ailleurs, abusés et décidés à ne pas suivre ces décisions, se regroupent autour de moi : démocratiquement, Darshana est en train de voir le jour. 23-24 Nov 1985 : 1ère AG de Darshana lors du stage de Yoga à Pompignan. Son objet : développer et faire connaître le Yoga Traditionnel et Intégral sous un éclairage non sectaire, occidentalisé et aussi diversifié que possible afin de permettre un complet épanouissement de l'individu. Réception de marques de sympathie d'élus, d’amis et de pratiquants qui nous apportent aide et encouragements dans notre aventure, dans notre entreprise, et d’André Van Lysebeth (Cf. DRISH 94).
1985 à 1991 : les élus de Colomiers refusent toute mise à disposition d’une salle pour notre activité Yoga. Ce refus durera plusieurs années. Dans la foulée, le service Temps libre et Loisirs décide de me dégrader de mon poste de Directeur adjoint du Centre de Loisirs. 
2 Février1986 : la Bibliothèque Darshana compte 17 livres à emprunter ; Fin 1986 : obtention du Certificat technique Yoga, DRJS Toulouse ; Fin 1986 : obtention du diplôme d’Enseignant de Yoga, école de la Fédération Française de Hatha-Yoga ; j’hésite entre la formation dans une autre fédération de Yoga ou l’Université : je fais ce second choix. Fin 1986 : en raison de son manque de déontologie, je quitte l’école de Yoga où j’intervenais depuis 1984.
18 Avril 1988 : Annoncé lors des AG précédentes, Drish n°1, 20 pages, timbré à 2,70 F est expédié. En première page : une tête de Bouddha de style Gandhara (voir page 36). La revue est verte et le restera longtemps. L'éditorial définit le mot DRISH : voir, contempler, regarder, comprendre. C'est ce même mot qui en sanskrit, a donné le mot DARSHANA qui veut dire point de vue. L'éditorial précise ce que DRISH propose : un regard sur la relation Orient-Occident, tant au point de vue des idées qu'au niveau des pratiques et techniques. Est précisé plus loin : ce n'est qu'un premier jet, et c'est par vos avis qu'il viendra à maturation. C'est une nouvelle étape dans la vie de l'Association Darshana qui est ainsi franchie. Déjà en deuxième page, la pensée de Confucius (au bas de la page 3 de ce numéro 100 ; voir supra Présentation).A noter que jusque là, durant deux années, les cours et les stages sont les financeurs principaux de l'association, ce qui couvre juste le prix de location de la salle de cours, l’entretien de la bibliothèque et le tirage et l’envoi de la revue DRISH. De nombreuses fois, j’ai moi-même plié, agrafé et distribué la revue, n’utilisant les services postiers que pour les lecteurs hors de Colomiers.
3 Mars 1989 : M Alex Raymond, maire de Colomiers, nous accorde une subvention sur ses fonds propres.
Fin 1989-début 1990 : en accord avec l’UFR de Psychologie du Mirail, stage hospitalier au All India Institute of Medical Science de New-Delhi ; ce travail obtient le Prix de la Ville de Toulouse. A mon retour d’Inde, abandon de la salle louée et utilisation d'un local au Collège Jean Jaurès.
25 Janvier 1991 : DRISH n°11 : compte-rendu de la 6ème Assemblée Générale de 1990. Divers projets sont là : numéros spéciaux de DRISH, n°01 … Le rapport moral s'achève par ces mots … Si tout marche comme je le veux, la dimension nouvelle dépassera les espoirs les plus utopiques qu'il m'était permis de nourrir lorsqu'il y a 5 ans notre groupement voyait le jour, d'autant qu'elle correspondra tout à fait au type d'action qu'il me semblait souhaitable de mettre en place à Colomiers. Concernant la pratique hebdomadaire, une proposition de M le Maire qui m’interpelle le Yoga dissident, m'amène à lui demander si les cours de Yoga dont j'ai été jeté comme un malpropre en 1985, allaient m'être restitués ... Surprenant, alors que quelques temps avant, on a planté, à Colomiers, l'arbre de la liberté. 10 Octobre 1991 : obtention Lundi et Jeudi, de 18h30 à 19h30, de la salle Satgé (déserte depuis 1989).
5 Février 1992 : DRISH n°14 : deux premières fois : ce numéro compte 28 pages (au lieu de 24) et est fait à l'aide du traitement de texte : finie (ou presque!) la bonne vieille machine à écrire. Septembre 1992 : obtention du DESS de Psychologie.
Février 1993 : liste des ouvrages de la bibliothèque arrêtée : 190 documents sont disponibles ; 7 Août 1993 : organisation du Colloque inter-régional de Yoga dans le Minervois ; Septembre 1993 : la rédaction du Columérin refuse de faire passer un article concernant l’activité Yoga de l’association Darshana ; ma réponse paraît le mois suivant dans l’article La seconde censure (DRISH 22, premier numéro de 36 pages).
30 Juillet 1994 : organisation d’un pré-colloque ; 8 Novembre 1994 : DRISH 28 apparaît avec sa couverture cartonnée (première fois) : jusque là, les finances ne le permettaient pas ; 18-19 Novembre 1994 : second Colloque Yoga à Colomiers.
28 Octobre 1995 : parution du premier numéro double, le 34-35, 72 pages, posté à 4,20 F (au lieu de 3,50 F le simple).
Juin 1998 : une future élue municipale me licencie abusivement, sans préavis, sans indemnités ; Novembre1998 : parution du CinquantièmeDRISH, numéro spécial (72 pages). La société louant les locaux professionnels prétend que je dois une grosse somme ; certains de mes voisins professionnels sont accusés aussi. En réalité c’est cette société qui nous doit ce montant. 
1999 : suite à cela, l’élu en charge du dossier me demande par courrier de quitter mon local professionnel en Décembre. Je reste !
2000 : nous obtenons gain de cause dans cette affaire : la société nous verse les quelques milliers de F qu’elle nous doit.
2001 : j’obtiens gain de cause dans l’affaire du licenciement abusif de 1998 ; 2001 : j’apprends que les événements de 1985 et années suivantes (violences verbales et matérielles, absence de propositions professionnelles, régression de mon statut …), sont liés à des médisances sur mon compte. J’écris au Maire pour l’inviter à la 17ème AG de Darshana, tout en dénonçant ces événements et leur cause évidente : il ne répond pas et envoie une élue municipale dont je n’aurai plus jamais de nouvelles.  
2002 : on me fait part de la curiosité malsaine d’un élu à l’égard de l’association DARSHANA qu’il confond avec l’Institut Leininger, croyant que les fonds columérins servent ce dernier. Pourtant, les comptes sont bien clairs sur ce sujet ; il confond avec une autre période où les impôts locaux des Columérins alimentaient le travail au noir des professeurs de Yoga, sous la bénédiction d’élus. Fin 2002 : j’invite M le Maire à la 18ème AG de Darshana, tout en dénonçant les événements ci-dessus et leur cause évidente : il ne me répond pas et n’envoie personne. Cette même fin d’année, je dépose un courrier pour chaque élu de Colomiers : ces 35 courriers vont disparaître mystérieusement entre l’accueil de la Mairie et les boîtes à lettres des élus (parcours de 30 mètres environ).
Fin 2003 : j’écris à M le Maire pour l’inviter à la 19ème AG de Darshana, tout en dénonçant les événements déjà relatés, avec plus de détails encore : pas de réponse.  
2004 : sortie à Minerve organisée par Darshana pour les adhérents. Fin 2004 : j’invite à nouveau M le Maire à nous rejoindre pour la 20ème AG de Darshana, tout en dénonçant les événements ci-dessus complétés d’autres détails, et leur cause évidente : il ne répond toujours pas. 
2005 : premier séminaire d’une semaine en Espagne. Mai 2005 : l’élu à la curiosité malsaine (Cf. 2002) nous reçoit (quelques membres du bureau de DARSHANA et moi-même) à mon initiative (apparemment il tournait en rond avec cette intention, sans la provoquer) et menace de supprimer la subvention 2006. Il le fait dès 2005, sans prévenir et sans raison sérieuse et déclare qu’il ne lira plus mes courriers et que ce n’est plus la peine que je lui écrive. 2005 : un proche du cabinet du maire, m’annonce que les élus (socialistes, pourtant !) ont été profondément choqués de mon action aux Prud’hommes contre mon licencieur abusif columérin ; pourtant, le maire de Colomiers et certains adjoints avaient été mis au courant par mes soins, de ces situations et de ce risque, plusieurs années auparavant, à plusieurs reprises, entre 2001 et 2004. 
13 Mai 2006 : 20 ans de l’association : Nancy Boissel Cormier vient danser au Centre de Loisirs du Cabirol, attirant plus de 100 personnes ; séance d’essai en plein air, dégustation de mets et thé indiens et projection de diapositives.
2007 : j’obtiens gain de cause pour le premier licenciement abusif de 1985.
13 Septembre 2008 : Nancy Boissel Cormier revient danser pour nous avant son installation en Inde.2008 : parution de DRISH le 100ème 

Bilan : en plus de 20 ans, les 100 numéros ont présenté 500 articles sur près de 3500 pages ; la Bibliothèque de DARSHANA Yoga traditionnel propose 250 ouvrages ; plus de 220 sessions ont été animées ou co-animées.
          L’aventure continue …

Le Yoga de A à Z …

A comme … Autonomie et Adaptation
Si l’on s’en tient à ce que dit la tradition du Yoga, il a une visée haute : celle de libérer l’humain de sa condition. Au départ, la souffrance liée à l’existence, avec ses causes bien identifiées : l’ignorance, le désir et le rejet, aussi remarquées par le bouddhisme et le stoïcisme.
La solution envisagée est la recherche de l’autonomie complète, celle par laquelle l’individu, par une pratique assidue surtout mentale (le physique n’est pas l’essentiel du Yoga, mais un moyen), va se libérer de ses automatismes comportementaux et mentaux, afin de tenter de devenir son propre maître.Il faut convenir que s’il n’est pas possible de vivre le Yoga comme le font les Hindous qui y consacrent toute leur vie, il n’en reste pas moins qu’une adaptation permet de retirer le maximum de bienfaits de cette pratique indienne. Darshana Yoga traditionnel, à sa création, avait pour titre GREYTAO, ce qui signifiait Groupement pour la Recherche et l’Enseignement du Yoga Traditionnel Adapté à l’Occident. Ce souci d’adaptation à notre monde occupait déjà mon esprit : on le retrouve dans le KRIYA, Centre de recherche Indépendant de Yoga Adapté.Cette adaptation doit être faite correctement et ne doit pas appauvrir le Yoga au point de ne le faire apparaître que comme une gymnastique hindoue, ce qui est hélas trop fréquent. Pour cela, une solide formation, un vécu et certaines compétences sont indispensables.

B comme … Bonne humeur 
Le Yoga a-t-il un lien avec la bonne humeur ? Certains jugent la philosophie indienne pessimiste. En fait, les points de vue indiens sont réalistes et leur optimisme est dans la recherche de solutions, dont on notera la pluriel, car l’Inde, dans son esprit de tolérance, admet que plusieurs voies puissent coexister.L’esprit de discipline et d’ascèse, à ne pas confondre avec l’ascétisme mortifiant, permet d’augmenter la qualité de vie et ne saurait se teinter de tristesse ni d’abattement. J’ai pu en faire la démonstration en étudiant de nombreuses références précises indiquant le lien entre le yoga et la bonne humeur (La santé par la bonne humeur, éditions Dervy 2005, et De Vecchi pour l’Italie et l’Espagne, 2007).

C comme … Culture
Dans son développement en Occident, le Yoga ne mérite pas d’être amputé et qu’on le considère sous sa seule forme du Hatha-Yoga ou Yoga physique. D’autant que cette pratique obéit à des règles et a posé des garde-fous il y a longtemps, trop souvent oubliés dans nos contrées, alors que la prudence est d’usage et que plusieurs auteurs particulièrement informés et dignes de confiance, mettent en garde contre les risques de ce Yoga d’importation, trop fidèle à une certaine mode.La culture du Yoga signifie l’intégration de l’ensemble des principes du Yoga, tout en conservant l’humilité nécessaire : il y a peu de chances qu’on puisse accéder aux niveaux les plus hauts puisqu’il n’est pas possible, ni souhaitable, d’ailleurs (voir les risques du Yoga dans DRISH 96) de consacrer sa vie à cette discipline. Il faut ne pas oublier ni délaisser les principes de vie édictés par les premières étapes du Yoga traditionnel, constituées de 10 valeurs (voir plus loin Yama et Niyama) et d’une logique de fonctionnement en rapport avec la pratique du Yoga : la fermeté et la douceur, que nous pourrions aussi désigner sous les appellations de Yang et Yin ou encore de Soleil et de Lune.

D comme … Déontologie.
Cet aspect n’est accepté que par certains groupes d’enseignants de Yoga, et c’est bien dommage, car si tous les avaient respectés, les événements cités en introduction ne se seraient jamais produits.
Cette déontologie (qui n’est pas une morale, contrairement à ce que m’a dit un jour un concurrent peu enclin à pratiquer cette éthique minimale, et que cela arrangeait beaucoup) concerne les règles et l’éthique que chaque enseignant de Yoga est tenu de respecter, couvre plusieurs aspects : 1/ L’enseignant de Yoga et le Yoga ; 2/ L’enseignant de Yoga et lui-même ; 3/ L’enseignant de Yoga et les autres ; 4/ L’enseignant de Yoga et les pratiquants ; 5/ L’enseignant de Yoga et le monde moderne ; 6/ L’enseignant de Yoga et l’environnement1/ L'enseignant de Yoga est un instrument de transmission … Des devoirs sacrés envers le Yoga, le premier est le respect. Celui-ci s'exprime, en premier lieu, par le devoir d'approfondir sans cesse sa connaissance … Partout où, à la connaissance de l'enseignant de Yoga, une image fausse de celui-ci risque de se produire, son devoir est d'intervenir et de rectifier… Servir le Yoga sera la pierre de touche de toutes ses prises de position, de toutes ses attitudes, de toutes ses démarches … A fortiori, de toute son activité professionnelle.2/ Il aura le respect de lui-même en tant qu'homme, manifestation et siège de la Conscience Universelle … Il s'efforcera d’être toujours exemplaire … Il suivra à la lettre les Yama et les Niyama … attitude face à l'enseignement : il devra définir clairement cette dernière, la transmission du Yoga ne pouvant pas être considérée comme un simple métier producteur de bénéfices, mais devant être ressentie ainsi qu'une mission, qui le met à la disposition et au service de ceux à qui il convient de pouvoir transmettre le Yoga.3/ L'exemplarité … est pour lui, face à l'élève, une obligation absolue. Etre exemplaire veut dire donner l'exemple, non pas se donner en exemple, ni se proposer comme modèle ; être le premier à suivre le modèle que propose le Yoga est la condition première pour proposer ce modèle aux autres. L'enseignant aura le plein respect de l'élève, consistant, puisque l'ayant accepté, de l'accepter tel qu'il est présentement, sans jamais lui faire grief, même pas en pensée, de ses insuffisances… qu'aucune parole, aucun geste, aucune intervention ne puisse froisser l'élève, occasionner un réflexe de recul, de désappointement. Un enseignant de Yoga n'exerce pas de pression, ne commande pas, ne contraint pas, n'exige pas d'obéissance, ne force d'aucune manière. Son rôle est de proposer, montrer, aider, éveiller l'intérêt, encourager … L'enseignant a le devoir d'assister par ses connaissances et par sa sagesse acquise l'élève dans sa recherche d'une vie juste et épanouissante. Il fera preuve de prudence. L'enseignant sera patient et serviable… 4/ Les enseignants du Yoga étant tous au service d'une même grande cause, se trouvent par là même en situation de fraternité les uns envers les autres … Cela implique l'entière bienveillance, le souci de la meilleure compréhension les uns des autres, la mansuétude, la tolérance, l'entraide et, bien entendu, l'éviction de toutes les sortes d'attitudes acerbes, de critiques, de jugements de valeur, de médisance, délibérée ou par imprudence et de tous propos propres à nuire, à discréditer un confrère dans son groupe professionnel ou auprès des élèves actuels ou éventuels … L'enseignant s'interdira avec la plus grande rigueur tout ce qui est ou peut être assimilé à la concurrence déloyale… 5/ L'enseignant s'attachera à donner à l'ensemble des citoyens de son pays ou de sa ville une image véridique du Yoga. Il n'y parviendra qu'en étant, en premier lieu, lui-même conforme à cette image, par sa vie, par ses activités, par ses manières, par son aspect, par ses propos. L'intérêt que le grand public accorde au Yoga engage la responsabilité des enseignants et leur fait un devoir de servir de guide vers une meilleure compréhension des lois de la Nature et des buts véritables du Yoga…6/ Un véritable Yogi sait qu’il fait partie d'un Univers où tout est interdépendant et qu'aucune action ne peut avoir eu lieu en un point sans qu'il y ait conséquence et retentissement sur tout le reste … Pour le Yogi et à plus forte raison pour celui qui enseigne, sa relation avec l'environnement trouvera la règle toute tracée dans le premier Yama et dans le dernier Niyama ; ahimsa - non nuisance ; Ishvarapranidhâna - dédicace de toutes ses entreprises aux puissances supérieures. L'application permanente de ces deux règles fera éviter les actions nuisibles dont les hommes, aujourd'hui, se rendent massivement coupables envers leur planète…

… et aussi D comme … Dissident
Au cours des premières années de Darshana Yoga traditionnel, je rendis visite régulièrement au maire de Colomiers (Alex Raymond décédé il y a quelques mois) afin d’obtenir une salle et une subvention. Au cours d’une de ces rencontres, il m’adressa ces mots : C’est toi le Yoga dissident ? Cela m’a plu. Nous eûmes gain de cause au bout de 3 ans pour la subvention et au bout de 6 ans pour la salle.

E comme … Enseignement
Le lecteur aura compris qu’enseigner le Yoga ne consiste pas seulement à diriger une séance de pratique physique : s’agit-il de Faire du Yoga ou de Etre en Yoga (voir plus loin) ? La réponse est dans cette citation d’André Van Lysebeth  qui disait en 1975 : « Le professeur de yoga restera  l’instrument  privilégié de la transmission de cette technique millénaire. D’où l’importance que revêt la qualité d’être  du professeur de Yoga, de sa formation personnelle ; ainsi que l’immense responsabilité qui incombe à ceux qui ont la charge de former ces enseignants qui apportent ce qu’ils ont appris et plus encore, transmettre ce qu’ils sont » En fait, on enseigne plus par ce que l’on est que par ce que l’on dit (voir plus haut D comme …Déontologie), d’autant que ne pas avoir intégré l’enseignement avant de le transmettre fait courir le risque d’un manque d’adaptation au monde et de comportements excessifs tels que ceux que j’ai pu décrire dans Les risques du Yoga  (DRISH 97-98). La douceur et la pédagogie (je me réfère, pour le KRIYA, à Montaigne, Rabelais, Socrate, entre autres …) doivent guider l’enseignant afin d’observer la prudence de Confucius disant que Le malheur des hommes c’est de vouloir enseigner les autres.

F comme … Faire du Yoga ou Etre en Yoga 
Dès lors que le Yoga est considéré comme une activité physique aux effets non négligeables, on peut alors admettre sans problème que l’on dise qu’on fait du Yoga. Cependant, à la lumière de ce qui a déjà été dit plus haut sur la Culture du Yoga et son Enseignement, l’idéal est d’être en Yoga, ce qui ne peut se dire, car cela ne signifierait absolument rien pour le profane non initié aux principes essentiels de cette discipline plusieurs fois millénaire.Etre en Yoga est l’étape indispensable et suivante à celle consistant à faire du Yoga. Mais demandera le lecteur, que signifie Etre en Yoga ? Etre en Yoga signifie que l’on a intégré les données philosophiques du Yoga (comme celles évoquées à Collbato en Juillet 2008 et lors des séminaires en général), de pratiquer les Yama et Niyama (voir ces mots plus loin) et enfin de respecter ces principes de la Bhagavad-Gîtâ définissant les trois ascèses : du corps, de la parole et du mental : "L'adoration du divin … la propreté, la rectitude morale, la pureté … l'absence de meurtre et de violence à l'égard d'autrui, telle est l'ascèse du corps" ; "Un langage qui ne cause point de trouble à autrui, vrai, bienveillant et bienfaisant, l'étude de l'Ecriture, telle est l'ascèse de la parole" ; "Une joie claire et calme du mental, la douceur, le silence, la maîtrise de soi, l'entière purification du tempérament, telle est l'ascèse du mental" ..
On joindra utilement à l’ascèse de la parole, ce principe de Shivananda, sage indien décédé dans les années 60, disant : Que vos mots soient doux et votre argumentation solide !… et enfin les 8 principes de ce même sage, inscrits en dur à l’ashram de Rishikesh :  « Sois bon, fais le bien, sers, donne, aime, purifie, médite, réalise » ... 

G comme … GREYTAO
Le GREYTAO a été la première appellation de Darshana Yoga traditionnel. Sa signification était : Groupement pour la Recherche et l’Enseignement du Yoga Traditionnel Adapté à l’Occident. Pourquoi ce nom ? Le Groupement (Cf. p.4, Présentation) était mû par un élan démocratique de réaction face à un autoritarisme injuste et perfide. La Recherche est nécessaire à une bonne adaptation du Yoga en Occident. Le Yoga traditionnel n’est pas seulement du Hatha-yoga, mais une dimension du Yoga beaucoup plus vaste et beaucoup plus riche. Quant à l’Adaptation, le lecteur a déjà compris sa nécessité (Cf. plus haut A comme Adaptation)

H comme … Hatha-Yoga
Lorsque Monsieur Toutlemonde entend parler de Yoga, il imagine avec une certaine aisance que son adepte est assis à rêvasser ou à pratiquer des postures inaccessibles et hors du commun exigeant une souplesse hors norme. Cette vision est à la fois incomplète et fausse : incomplète pour les raisons évoquées ci-dessus concernant la Culture du Yoga et le Yoga traditionnel, et fausse car le Hatha-yoga doit être, lui aussi adapté à notre monde moderne et à ses pratiquants pouvant présenter des déficiences musculaires, articulaires, posturales, respiratoires, etc. (Thérèse Bertherat disait que nous sommes des handicapés du corps, tant la sédentarité nous amène à ne plus l’utiliser …), il importe de le considérer comme un moyen et non comme un but. André Van Lysebeth disait que le Hatha-Yoga est un Yoga mental qui prend le corps pour objet et il est vrai que le Hatha-Yoga correspond bien à cette définition puisqu’il doit, lui aussi tendre vers le but prévu par les Yoga-Sutra de Patanjali (en sanskrit) : Yogachittavrittinirodha ce qui veut dire que Le Yoga est le contrôle des fluctuations mentales.

I comme … Indépendance
Bien que cette notion n’apparaisse pas dans l’intitulé du GREYTAO, alors qu’on le trouve dans l’intitulé de l’école de Yoga du KRIYA, elle a toujours guidé mon action dans l’enseignement du Yoga. Indépendance par rapport aux écoles ou chapelles tout en étant diplômé de plusieurs, indépendance par rapport aux styles, j’ai toujours cherché à comprendre le pourquoi des choses afin de ne pas enseigner en faisant une imitation servile de ce qui se faisait, mais en repensant les enseignements au sens où le prônaient Montaigne, Rabelais et les grands pédagogues récents ou des siècles passés. Indépendance aussi par rapport aux gourous en tout genre et par rapport à leurs serviteurs inconscients qui jouent les moutons sans s’en rendre compte afin d’être mieux vus de ceux qu’ils vénèrent et adulent. Les gourous ont leurs limitations en ce sens qu’ils n’ont pas à assumer tout ce que nous, Occidentaux, assumons, car en effet, une fois les soucis habituels enlevés, l’accès à la sérénité est relativement facilité.Indépendance par rapport aux dirigeants associatifs, par rapport aux professeurs de Yoga clandestins, etc. L’indépendance, celle-là même qui fit dire à l’ancien maire le Yoga dissident, est la clé de l’Autonomie (Cf. ce mot, plus haut).

J comme … Jnana
Jnana est un terme sanskrit qui veut dire connaissance, qui a donné une des 4 grandes formes de Yoga : le Karma-Yoga ou Yoga de l’action, le Raja-Yoga ou Yoga traditionnel dont il est question au fil de ces pages, le Bhakti-Yoga ou Yoga dévotionnel, et enfin le Jnana-Yoga, ou Yoga de la connaissance.Mais qu’est-ce que cette connaissance ?  Elle est cette disposition, pour les Hindous, à se libérer de l’Ignorance fondamentale qui fait prendre le monde réel pour la Réalité, alors que toujours selon les Hindous, ce que nous nommons Réalité est Maya, Illusion.La démarche du Jnana-Yoga consiste à se rendre compte de cette Ignorance et prendre conscience de la Maya, et de la Manifestation (principe différent de ce que nous nommons Création) dans laquelle nous nous trouvons, afin de ne pas nous laisser emprisonner par les comportements habituels, automatiques et spontanés qui nous éloignent de la conscience de nous-mêmes et du contrôle de nous-mêmes.On s’en doute, c’est un travail énorme.

K comme … KRIYA
Ce terme sanskrit signifie action : c’est aussi le nom de l’école de Yoga née en 2007 à Colomiers. Le Centre de Recherche Indépendant de Yoga Adapté (K.R.I.Y.A.) a trois objectifs. Tout d’abord la Formation d’Enseignants de Yoga sachant faire le lien indispensable entre la culture orientale et celle occidentale, et travaillant à être des Yogacharya incarnant les valeurs du Yoga, reconnaissables à leurs principes, leur comportement, capables d’enseigner le Yoga selon les règles du Yoga traditionnel avec le souci majeur du respect de l’individu, et d’expliquer leurs choix aux pratiquants dont ils ont la responsabilité, sans se retrancher derrière une pâle imitation de ce qui se fait ailleurs.Puis, second objectif, l’Approfondissement du Yoga pour les personnes pratiquant régulièrement et désirant aller plus loin, ce qui leur permet de mieux comprendre leur pratique personnelle et de l’inscrire dans une véritable culture nécessaire à la compréhension du vécu du Yoga traditionnel. Tout pratiquant, quels que soient son niveau, son vécu, son ancienneté dans la pratique, peut participer à ces sessions.Enfin, le troisième but s’adresse aux enseignants de Yoga déjà diplômés de tous styles, toutes écoles, désireux de renouveler, compléter, affiner, améliorer leurs connaissances en pratique et philosophie du Yoga, optimiser et parfaire leur enseignement, leur pédagogie, leur technique, dans l’esprit du Yoga.L’enjeu est que, quel que soit le module choisi, chaque participant devienne un Yogacharya, c'est-à-dire un adepte du Yoga traditionnel qui en incarne les valeurs. On doit être ce qu'on enseigne : ce n’est pas qu’une question de savoir (voir plus haut Faire du Yoga ou Etre en Yoga). Le Yogacharya se distingue par son attitude, son comportement avec soi, avec les autres, avec le monde (Voir supra Déontologie) … Son intégration du Yoga lui permet à la fois le développement personnel, et l’accès à l’autonomie, la liberté, sans entrer dans un système d’aliénation.Enfin, une question se pose : comment concevoir un enseignement qui ne serait pas conforme aux principes dont il est porteur ? L’enseignement dispensé au K.R.I.Y.A. est fait de douceur et fermeté, sans imposition ni matraquage : la précision y est la règle, ce qui recouvre l’utilisation du bon sens, de la logique, de l’explication, de la prudence, du refus de la croyance naïve. L’esprit du KRIYA s’appuie sur des références précises fondées sur les enseignements de penseurs-clés ayant marqué l’Occident ou l’humanité : Socrate, Confucius, La Bhagavad-Gîtâ, Pierre Bayle, Rabelais, Montaigne, Descartes, Shivananda ...

L comme … Loi
Ce que l’on traduit par Loi est le Dharma, qui est au centre de la tradition indienne. Il s’agit de la Loi cosmique  en premier lieu : tout ce qui est, obéit à des lois précises (ordonnancement des planètes et des étoiles, succession des saisons, périodes de semailles et de récoltes, cycles de la vie …). Ce Dharma est conforme à des principes et a remplacé l’ancien mot sanskrit de rta (qui a donné rite et rituel).Le Dharma est l’un des 4 buts de l’existence de l’Hindou, celui qui mènera à Moksha, la Libération finale, entendons la libération de la condition humaine. C’est ce respect du Dharma qui permet de se libérer du Samsara, le cycle des renaissances et des morts.

M comme … Méditation
Devenue à la mode suite à l’introduction du Zen (voir ce mot) en Europe et à la démarche indienne des Beatles dans les années 60, la méditation fait partie du Yoga dont elle est la 7ème étape, précédée de la Concentration (Dharana, 6ème étape), elle-même préparée  par la 5ème étape du retrait des sens (Pratyahara) atteinte une fois que la posture et le souffle sont stabilisés, et que les Yama et Niyama (voir ces mots) sont adoptés.La méditation nécessite un recentrage de l’être et est elle-même, recentrage. Elle est exigeante, contrairement à ce que pense l’opinion habituelle selon laquelle la méditation serait une simple rêverie inactive et inutile (Cf DRISH 82-83 et 84). La méditation est action en ce sens qu’elle obéit à plusieurs critères. D’abord elle se fait dans une position physique fermement tenue, et la conscience du corps est toujours présente au cours de cette pratique, de même que la conscience du souffle.
Quant à l’action mentale, elle suit un ordre bien précis et ne constitue en rien une divagation où les idées s’enchaînent n’importe comment au gré d’une dispersion désorganisée : la respiration est toujours contrôlée et on évite la fuite de l’organe mental.

N comme … Non-violence 
Elle guide l’ensemble des pratiques indiennes. Le premier principe du Yoga traditionnel (voir plus loin, Yama et Niyama) est Ahimsa, la non-violence. On la retrouve en filigrane tout au long des étapes du Yoga : les pratiques elles-mêmes, qu’elles soient physiques, respiratoires, mentales, obéissent à ce principe qui se traduit alors par la notion de confort.La non-violence n’est pas passivité : un être passif ou faible qui se dirait non-violent du fait de son manque de robustesse, serait un menteur : la voie de la non-violence signifie qu’on a à sa disposition les moyens d’être violent, mais qu’on fait le choix de l’action opposée. Là est la vraie non-violence.La non-violence n’est pas passivité : cela veut dire que l’engagement de nos vies occidentales nécessite parfois l’utilisation de la force lorsque la voie non-violente n’a pas de résultat. Gandhi lui-même disait que la violence valait mieux que la lâcheté.
O comme … Orient
Le soleil se lève à l’Orient : cette direction du monde d’où vient la lumière  est aussi, symboliquement et historiquement celle d’où viennent beaucoup d’enseignements. J’ai évoqué en introduction, Confucius, Lao-tseu, Boddhidharma : ils ont influencé les modes de pensée de la Chine jusqu’à une période très récente et restent encore vivaces et célèbres dans le monde entier.Le Yoga, très vieille tradition (4000, 5000 ans ? … Ou plus ?...) est né en Inde. Cet Orient est-il pleinement utilisable dans nos contrées ? Peut-on le mêler aux systèmes sociaux, éducatifs, comportementaux, à nos repères et nos habitudes ?On peut remarquer que beaucoup de valeurs enseignées en Orient  sont communes aux nôtres et pourraient même en être à l’origine, comme la Non-violence ci-dessus, ou encore les principes liés au Yoga (Voir supra Faire du Yoga ou Etre en Yoga et Infra Yama et Niyama).Sans oublier ce principe à la base de notre tradition judéo-chrétienne et que nous devons à Confucius : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fît.  

P comme … Psychopédagogie
Lorsque j’ai été chargé de cette fonction d’animation d’une séance de Yoga régulière en 1976-1977, j’ai très vite compris l’importance de cette dimension psychopédagogique d’autant que mes activités de co-responsable de la commission technique du comité départemental m’amenaient d’une part à faire intervenir des Cadres Techniques Nationaux (CTN) dans des structures départementales ou régionales, et d’autre part à être moi-même formé dans les domaines technique et pédagogique.Il est à noter que dans le domaine du Yoga, on nomme souvent pédagogie le fait d’animer une séance de Yoga. Or, ce n’est qu’une grossière erreur en ce sens que la pédagogie, que l’on devrait nommer andragogie dans ce contexte puisque la pédagogie s’adresse à l’enfant (paidos en grec), consiste à adapter l’enseignement à la personne. Or, dans beaucoup de séances et même d’écoles de Yoga, on en est très loin, où les personnes doivent se plier coûte que coûte à des pratiques au-delà de leurs possibilités avec les risques physiques que j’ai déjà pu évoquer (DRISH 96), quand ce n’est pas l’enseignant qui au lieu d’avoir une attitude de pédagogue, pratique son Yoga en même temps que ses élèves, les laissant ainsi livrés à eux-mêmes : on a même vu dans certaines séances, des pratiquants hors du champ visuel du soi-disant professeur de Yoga ...La psychopédagogie tient compte à la fois des données d’ordre psychologique apportées par la psychologie moderne (je n’en ai jamais entendu parler au cours de mes formations d’enseignant de Yoga, mais souvent en tant que co-responsable technique du 31), et par les travaux accomplis par les grands pédagogues (Montessori, Dewey, Coménius, Socrate, mais aussi Montaigne, Rabelais déjà cités, Carl Rogers –voir ce nom infra-).

Q comme … Qui suis-je ? 
Comme j’ai pu m’indiquer dans la présentation, je n’ai jamais laissé les petits marquis de la pensée unique s’imposer par la force ou les malversations. Ceci tient sûrement à mon caractère et peut-être sûrement aussi à l’objectif respectueux des principes du Yoga développés tout au long de ce numéro.Et il y a aussi mon parcours, mes choix, mon expérience. Psychologue clinicien, enseignant de Yoga depuis 1976, professionnel depuis 1979 (le seul dans l’Ouest toulousain), Consultant auprès d’une école internationale de Hatha-Yoga (EIDYT) depuis 1984, organisateur de sessions de Yoga pour divers groupes et instances depuis 1979 dans divers départements, je suis certifié en Psychopédagogie (1983 et 1985), Diplômé professeur de Yoga de l’Institut André Van Lysebeth (1980) et de la Fédération Française de Hatha-Yoga (1986), certifié Technique Yoga par la DRJS Toulouse (1986), certifié en Yogathérapie (1997) suite à la soutenance d’un mémoire sur la psychosomatique.Rédacteur-éditeur et fondateur de la revue DRISH depuis 1988 (plus de 500 articles, plus de 3500 pages), auteur de  La santé par la bonne humeur, 100 clés pour la retrouver  (éditions Dervy-Albin Michel 2005, sélectionné par Le grand Livre du mois en 2005, édité en Italie et en Espagne en 2007, éditions De Vecchi), j’ai fondé le groupe Darshana Yoga traditionnel (anciennement GREYTAO) à Colomiers en 1986, et suis Responsable Technique et Pédagogique du K.R.I.Y.A. Enfin, j’ai obtenu le Prix de la Ville de Toulouse, pour l’action menée au All India Institute of Medical Science de New-Delhi en 1989.

R comme … Rogers 
Carl Rogers est un psychologue américain décédé dans les années 80, à qui on doit une œuvre colossale et une véritable avancée dans le domaine de la psychologie moderne. Parmi ses découvertes et ses prises de position, citons le principe de growth qui est le développement, la croissance, l’évolution : tout individu, quel que soit son âge, peut connaître une évolution, psychologiquement parlant, alors qu’au début de la psychanalyse, on pensait que passé un certain âge, aucune évolution n’était possible.La seconde grande idée de Carl Rogers fut ce que l’on nomme la non-directivité. Cette idée importante consiste non pas à laisser faire n’importe quoi, mais à permettre à une personne à qui on confie une tâche, de la gérer avec ses propres moyens et en fonction de son inspiration propre, de son organisation personnelle.Une troisième grande idée est celle de la relation d‘aide qui, différemment de l’aide, permet à une personne d’être épaulée, dans une démarche psychologique, sans pour autant que le travail soit fait à sa place, ce qui revient à dire qu’elle va trouver en elle-même les ressources pour avancer, ce qui la fera grandir (Cf. growth cité ci-dessus).
Bien d’autres notions pourraient être ici évoquées, dont certaines liées à la tolérance nécessaire en ce monde et dans le domaine des relations humaines.

S comme … Souffle 
J’ai pu raconter, dans la Lettre de l’Institut n°21 (été 2003) cette pratique quelquefois courante consistant à enseignerà respirer aux nouveaux arrivants. Il s’agit d’une erreur pédagogique en ce sens que la respiration ne s’apprend pas comme on apprend à faire du vélo ou du ski (bien que …) et que faire aborder la respiration de cette façon à un pratiquant, c’est le couper de la vraie solution qui est ailleurs si on désire établir une respiration de qualité et durable.Quelle est cette solution ? Sûrement pas en ne respirant que par le ventre ou les côtes etc. ceci étant tout au plus valable pour une prise de conscience du phénomène respiratoire. Par contre, là où le pratiquant sera gagnant, c’est lorsque l’enseignant de Yoga lui aura permis de libérer tous les éléments en lien avec la fonction respiratoire : musculature, articulations, maintien du corps …Mais cette approche concrète et adaptée nécessite un œil exercé, de solides connaissances anatomiques et physiologiques appliquées au Yoga (Cf. Flash technique DRISH 99) et enfin une approche psychopédagogique réelle (Cf. supra) : c’est là qu’on se rend compte qu’enseigner le Yoga est vraiment autre chose qu’animer simplement une séance de gymnastique hindoue.


 

T comme … Tantra
Bien que je le pratique depuis une trentaine d’années, j’en ai rarement parlé. D’abord parce que je pensais ne pas avoir suffisamment de maturité pour le faire, et aussi parce que les nombreux préjugés véhiculés par une littérature fausse rend difficile cette approche pour les Occidentaux. 
*Car le tantra est avant tout un état d’esprit et un positionnement de chaque être à sa place dans l’immensité de la Manifestation et de la Vie. Le Tantra est une prise de conscience et une prise en compte de la réalité telle qu’elle est, et pas seulement telle que nous la percevons, puisque nos sens nous trompent parfois. Si le monde est Maya (l’Illusion, Cf. plus haut : Jnana), il n’empêche que nous y sommes et que nous devons agir du mieux possible. Le tantra est une école de conscience. Or, tout dans ce monde moderne structuré par l’humain, nous amène à ne pas être conscients : les médias, la tyrannie des loisirs, le profit, les préoccupations diverses –professionnelles, familiales, financières-, les émotions, le bruit, les multiples sensations et sollicitations auxquelles nous sommes soumis au quotidien, tout cela nous tire hors de nous et nous empêche d’être pleinement conscients.
Il s’agit de retrouver l’immensité de nos potentialités et de réaliser la richesse de chaque vie humaine et aussi de nous émerveiller devant ce phénomène auquel on ne pense plus tant il semble banal : le fait d’être en vie.

U comme … Union
Le terme Yoga signifie Union. Mais Union de quoi ? 
En Inde, nombre de systèmes sont des Yoga : j’ai pu citer plus haut le Karma-Yoga, le Jnana-Yoga, etc. Bien d’autre existent, moins importants. Leur point commun est de se nommer Yoga. Pourquoi ? parce que par ces pratiques, le sadhak (le disciple, le pratiquant) tente de retrouver le lien entre Atman, la part absolue en lui, et Brahman, l’Absolu qui imprègne tout ce qui est. Cette Union constitue la connaissance.
Une autre Union est proposée par le Yoga : celle des composantes de l’être. J’ai pu largement l’évoquer dans La santé par la bonne humeur où je démontre, par mes recherches effectuées dans les domaines du Yoga, de la philosophie et de la psychosomatique, la nécessité de trouver l’équilibre et l’harmonie en soi en reconnectant les composantes de notre être et en les harmonisant.

V comme … Vie
La Vie a-t-elle un sens ? On pourrait parfois en douter lorsqu’on voit l’injustice, la misère … pourtant, pour les Hindous, la Vie a un sens. Alors c’est sûrement à nous de lui en donner un. La notion de karma, chère aux Orientaux est une des étapes dans cette prise de sens de la Vie. Chacun de nos actes a une conséquence et nous devons agir de façon à ne pas accumuler de Karma négatif. Les principes évoqués dans ce DRISH sont là pour nous y aider.
Mais la Vie que veut le pratiquant de Yoga n’est pas la vie de Monsieur Toutlemonde. C’est une vie dans laquelle il refuse d’être vécu passivement, mais qu’il décide de vivre lui-même et de prendre en main quoiqu’il advienne et quels que soient les événements personnels ou extérieurs (Cf. supra : Autonomie et aussi Indépendance).
Ce refus est présent dans la pratique même du Yoga : par les postures, la respiration et le contrôle du mental, nous tentons de ne pas laisser le corps se dégrader, de ne pas laisser le souffle s’emballer, de ne pas laisser l’activité mentale fuir ce sur quoi nous voulons qu’elle se concentre. La Vie n’est pas passive : elle est action.

W comme … Week-end
Les premiers stages de Yoga, je les ai mis en place en 1979-1980 au Château de Bruguières, puis à Pompignan, Donneville, La Trappe, et aussi dans d’autres départements ou régions à la demande de groupes professionnels ou associatifs locaux.
La participation à un Week-end permet d’approfondir et de développer certains thèmes non abordés lors des séances hebdomadaires, de faire le lien entre la pratique du yoga et tous les domaines en rapport avec elle : philosophique, anatomique et physiologique appliqués au Yoga, psychopédagogique, culturel …
Quant à la pratique, elle est expliquée, approfondie, testée de façon à être acquise à la fin du séjour. Les Week-ends et semaines de Yoga permettent à chacun de s’approprier ces données, de les laisser mûrir au fil du temps. Ainsi, un Week-end permet de semer des graines qui grandiront dans les jours, les semaines, les mois suivants : c’est pourquoi au terme stage je préfère celui de séminaire dont l’étymologie est cet acte de semer.

X comme … l’inconnue
En mathématiques, x est l’inconnue. Y a-t-il une inconnue en Yoga ? Sûrement et même il y en a plusieurs : j’en évoquerai ici au moins 2.
La première inconnue est celle liée à notre activité mentale que nous connaissons mal (Cf. Vie, plus haut). Nous en connaissons surtout les manifestations difficilement contrôlables : c’est pourquoi il est écrit depuis 2000 ans que : Yogachhittavrittinirodha, ce qui veut dire : le Yoga est l’arrêt des fluctuations du mental. Par le Yoga, nous parvenons, progressivement, à connaître notre fonctionnement mental, et surtout à le contrôler.
L’autre inconnue est celle des principes du Yoga que l’Occident a trop vite oubliés ou laissés de côté alors qu’ils sont au centre de la démarche yogique. Je veux parler des Yama et Niyama (Cf. ci-après) ou encore de l’ascèse, pourtant douce, proposée par Shivananda et par la Bhagavad-Gîtâ (Cf. ci-dessus Faire du Yoga …).

Y comme … Yama et Niyama
Yama et Niyama constituent respectivement la première et la seconde étape du Yoga traditionnel, ou Raja-Yoga, se situant juste avant les techniques posturales (le Hatha-yoga) et les pratiques liées au souffle (Prânâyama). Elles devraient donc être abordées en premier lieu ; or, le fait que ce soit surtout l’aspect postural qui soit proposé en Occident, les fait oublier. Il y a 5 Yama : Non-violence (Cf. supra), Vérité, Absence de vol, Contrôle des sens, Détachement. Ce sont les règles liées au monde extérieur, tandis que les Niyama sont des principes plus personnels : Pureté, Contentement, Discipline, Etude de soi, Don de soi.
C’est par ces pratiques intégrées que l’enseignant de Yoga se distingue de ceux qui se satisfont de proposer des séances de Yoga sans s’en approprier cette essence pourtant universelle (Cf. supra : Déontologie).
Le Yoga, coupé des Yama et Niyama n’est pas du Yoga et reste une simple gymnastique.

Z comme … ZEN
J’ai déjà évoqué la question du Zen (Zen ou Yoga ? DRISH 43-44 et 47-48). Importé du Japon, attirant par son côté exotique et austère (on médite face à un mur sans ornement, assis, et le maître vient parfois frapper avec une sorte de bâton, les épaules de certains pratiquants), le Zen n’est qu’une des étapes du Yoga. En effet, c’est par le moyen de la méditation (Dhyâna, en sanskrit) que Siddhârta Gautama a atteint l’Illumination, l’état de Bouddha.
Lorsque le bouddhisme migra en Chine, le mot de Dhyâna se déforma au cours des siècles et devint Tch’an. Puis, de la Chine, cette pratique de méditation bouddhiste alla jusqu’au Japon où le terme de Tch’an subit aussi une déformation pour devenir … Zen.
Le Zen constitue donc, ni plus ni moins, la 7ème étape du Yoga traditionnel. C’est en ce sens que le Yoga est plus complet puisqu’il laisse une importante place aux aspects corporel, respiratoire, mental.

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